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Gérer son temps en vidéo : la pré-production

Rédigé par Kilian PRETTRE | 18/08/2026 11:46

Si y a bien une chose que chaque débutant en vidéo sous-estime, c’est le temps. La première chose que vous apprendra un professeur ou un formateur vidéo, c’est que la vidéo est chronophage. Sans même parler de post-productions intenses, la vidéo est un médium qui demande naturellement du temps et dans un monde professionnel régi par des questions de rentabilité, il est souvent un temps que l’on ne peut pas se permettre de gâcher. C’est d’autant plus vrai quand celui-ci est mal géré. Que vous soyez professionnel chevronné ou un débutant passionné, une mauvaise gestion du temps peut transformer un projet simple et bref en une torture interminable et complexe. C’est exactement ce que l’on veut éviter. Mais bien gérer son temps n’est pas une compétence réservée à quelques vieux briscards de l’audiovisuel, c’est avant tout une méthodologie et quelques outils. Je vous montre ça tout de suite !

 

La planification : La base essentielle

On pourrait avoir la sensation que je commence en enfonçant une porte ouverte mais il est toujours bon de rappeler les évidences. Tout d’abord car la planification n’est pas simplement une liste de tâches, c’est une feuille de route qui guide chaque étape d’un projet. La planification permettra, à vous et/ou votre équipe, de se projeter dans la production, et ainsi commencer à identifier les potentiels points complexes, bloquants, chronophages ou encore incertains. Il est primordial de vous lancer dans la production une fois que chaque élément de vidéo à produire soit devenu concret. Voyons comment bien organiser cette étape cruciale :

Définissez vos objectifs

Avant de commencer, clarifiez vos objectifs. Quel est le but de cette vidéo ? Quel message souhaitez-vous transmettre ? À quel public s’adresse-t-elle ? Les réponses à ces questions vous permettront de pouvoir anticiper d’éventuels coûts ou contraintes techniques. Commencez par bien définir votre ou vos personas, en audiovisuel, on appelle ça plus communément “le public cible”. Savoir à qui on s’adresse permet de trouver naturellement les approximations ou les potentielles difficultés. Définir un ou plusieurs personas permet également d’éviter les sorties de pistes vis à vis du sujet abordé.

Créez un calendrier détaillé

Divisez votre projet en trois grandes étapes : pré-production , tournage et post-production. Pour la pré-production, on se concentre sur toutes les étapes qui concernent la préparation : production des feuilles de route (script, storyboard), casting de comédiens (que ce soit pour devant la caméra ou pour de la voix-off), production des éléments graphiques si infographie il y a, etc. En somme, tout ce qui est nécessaire au bon déroulement du tournage et de la post-production.

Pour le tournage, s’il est évident de noter la date de la captation, il est également très important de détailler les dates d’installation du studio et des essais vidéos. L’idée est que votre tournage consiste uniquement à réaliser la captation. Prévoyez la veille ou l’avant-veille d’installer puis de faire un test d’enregistrement afin de tout préparer et déceler à l’avance le moindre matériel défectueux ou problème technique inattendu. Le jour-J vous n’aurez plus le temps de régler ces soucis et sans tests au préalable, vous risquez d’étirer ou de retarder votre tournage, ce qui est peut être encore plus problématique si vous avez fait appel aux talents d’un comédien pour l’occasion.

Enfin pour la post-production, séquencez les différentes étapes : Dérushage (le fait de découper grossièrement et organiser l’ensemble des fichiers vidéos issus du tournage), Assemblage (le fait de placer sans finition vos séquences dans l’ordre prévu dans votre logiciel de montage), Colorimétrie, Animations, FX, Sound Design, Export, etc. C’est d’autant plus important si vous travaillez en équipe et que ces tâches sont réparties.

Attribuez des délais réalistes à chaque phase en prévoyant des marges pour les imprévus. Un calendrier précis vous aidera à respecter les échéances et vous apportera une vision plus claire du projet et moins stressante.

Établissez une liste de tâches prioritaires

Pour chaque étape, dressez une liste précise des tâches à accomplir. Classez-les par importance et urgence grâce à des outils comme Trello ou Asana. Ces plateformes sont idéales pour suivre l’avancement de votre projet et seront d’autant plus importants si vous travaillez en équipe.

Organisez des réunions de pré-production

Si vous travaillez avec une équipe, organisez des réunions pour discuter du projet, attribuer les rôles et responsabilités, et résoudre les problèmes potentiels dès le départ. Une bonne communication est essentielle pour éviter les malentendus et le bon développement du projet tient en une vision claire et commune des processus de travail. Il est primordial que chacun comprenne l’organisation du projet : qui fait quoi, qui fait suivre ensuite à qui, etc. Si un maillon de la chaîne n’arrive pas à identifier sa place et son rôle, vous allez accumuler du retard, voire des accrocs si jamais sa préparation ne correspond pas exactement à sa tâche. Comme dit plus haut, la réalisation de vidéo est un processus qui peut vite être chronophage, chaque retour en arrière pour une modification ou un imprévu à des chances de se payer cher (en temps).

 

L’organisation : Une production sans stress

Une bonne organisation est synonyme de productivité et stabilité. Voici comment rester organisé tout au long de votre projet :

Centralisez vos documents

Créez un dossier de projet unique où vous centraliserez tous les documents nécessaires : scripts, storyboards, listes de contacts, etc. Cela vous fera gagner un temps précieux et évitera les pertes de fichiers. Mettez-vous également d’accord sur une nomenclature partagée par toute l’équipe : JJ-MM-AAAA-CAM1-1, PlanSerre-Chapitre1, etc. Peu importe la nomenclature tant qu’elle est bien comprise et respectée par l’ensemble de l’équipe de production !

Préparez votre matériel

Vérifiez et préparez votre matériel (caméras, micros, éclairages, etc.) avant le jour-J. Assurez-vous que tout fonctionne correctement et que vous disposez de batteries chargées et de cartes mémoire vides. Une vérification anticipée évite les mauvaises surprises. Dans la mesure du possible, installez la veille ou le matin pour l’après-midi au plus tard. Il faut optimiser au maximum votre journée de tournage pour pouvoir vous concentrer uniquement sur la captation et l’interprétation, même si vous vous filmez seul ! Si vous en avez la possibilité, dans le cas d’un studio non insonorisé complètement, nous vous recommandons d’installer 24h avant afin de vous retrouver dans la même tranche horaire que le tournage du lendemain. Cela vous permettra éventuellement de repérer des nuances sonores chroniques qui pourraient venir entâcher votre captation (ex : un chien de sortie qui aboie toujours à la même heure, un collègue en réunion, etc.). Vous pourrez jamais tout prévoir mais on va essayer d’anticiper au maximum les potentiels difficultés ou nuisances pour ne pas les subir le jour du tournage.

Ayez toujours un plan B

Les imprévus sont inévitables dans le milieu audiovisuel, et ils tombent souvent aux pires des moments. Prévoyez donc des solutions de rechange pour le matériel, les lieux ou même les acteurs. Être prêt à improviser peut sauver une journée de tournage. Mais il vaut mieux prévenir que guérir, c’est en ça que les tests préliminaires sont cruciaux ! Ils vous permettront d’éprouver un peu le matériel et reproduire les conditions du tournage afin d’anticiper les bricoles !

Conclusion

Vous l'aurez compris, la préparation et l'organisation sont les principaux facteurs d'efficacité en vidéo. Réaliser un tournage est un instant temporel précis, où réalisateur, acteur, ingénieur son, motion designer, etc, collabore pour un projet vidéo et la moindre approximation peut vite devenir une importante perte de temps, ou d'argent. La vidéo étant un média chronophage à produire, il est primordial de faire tout son possible pour ne pas perdre une seconde inutilement.